Navettes et parkings relais : un levier concret pour accélérer la transition vers les mobilités douces. L'exemple de l'USAP et Perpignan Méditerranée Métropole.

Les premières enquêtes menées par Mob’Sport confirment ce que de nombreuses études nationales observent également : la voiture individuelle demeure ultra-dominante dans les déplacements vers les enceintes sportives. Parmi les spectatrices et spectateurs fréquentant le stade Aimé-Giral dans lequel évolue l’USAP, 87% se rendent au match en voiture, tandis que seulement 5 % utilisent le bus ou navette.
Une réalité qui n’est pas isolée : à l’échelle nationale, près de 70 % des déplacements liés à des événements sportifs ou culturels se font encore en automobile, selon les chiffres du Ministère de la Transition écologique. En Europe, l’ADEME estime que le transport des spectateurs peut représenter jusqu’à 80% de l’empreinte carbone d’un événement sportif d’envergure nationale.
Malgré ce constat, l’enquête Mob’Sport par son diagnostic des spectateurs et spectatrices de l’USAP révèle un potentiel important :
· 88 % des automobilistes se disent intéressés à l’idée de se garer dans des parking-relais
· 72% pour une meilleure accessibilité en transport en commun (bus et navette)
Des signaux qui encouragent les clubs partenaires à agir vite et bien.
Un point de départ stratégique : l’exemple de l’USAP
À Perpignan, l’USAP – club historique du Top 14 – a fait de la solution « Navette et Parking-relais » un pilier de sa stratégie de mobilité durable.
« Depuis plus de dix ans, nous avions une navette opérée par Sankéo et soutenue par Perpignan Méditerranée Métropole, disponible deux heures avant le match, explique Claudine Semper, responsable des opérations de l’USAP. Nous avons choisi de capitaliser sur cet existant pour structurer une offre claire, lisible, et pratique. »
Le dispositif est simple : les automobilistes sont invités à garer leur véhicule au Parc des Expositions, en périphérie, puis à rejoindre en quelques minutes le stade Aimé-Giral, situé au cœur de la ville où le stationnement est limité.

Rendre l’offre visible : l’enjeu numéro un
L’enquête Mob’Sport a mis en lumière un élément clé : les spectateurs sont bien plus ouverts au changement qu’on ne l’imaginait.
« Nous avons réalisé que le public était sensible à la décarbonation des transports, raconte Claudine Semper. Cela nous a poussés à renforcer notre communication et à simplifier au maximum l’accès à l’information. »
Grâce aux fichiers abonnés et billetterie, les campagnes d’information ont pu être ciblées et régulières, facilitant l’adoption de nouveaux réflexes.
Un partenariat fin pour un service fiable
En décembre 2025, le club a lancé une nouvelle communication destinée à booster l’usage des navettes. Les résultats ne se sont pas fait attendre : +43 % d’utilisateurs dès le match suivant.
« La fréquentation a bondi, mais notre objectif est de rendre la navette intuitive, presque automatique », insiste Claudine Semper.
Pour y parvenir, un travail de coordination constant est nécessaire :
· échanges réguliers entre Sankéo, la Métropole et l’USAP,
· prévisions selon la billetterie et les flux attendus,
· analyse fine des données de fréquentation des navettes.
L’enjeu : adapter l’offre en continu, garantir une expérience fluide et éviter la saturation.
Une solution qui s’inscrit dans une politique globale
Le parking relais n’est qu’un élément d’une stratégie plus large engagée par l’USAP et ses partenaires.
Les soirs de match, la mise en place d’un parking à vélo temporaire et surveillé est envisagée. Les détenteurs d’un billet peuvent également voyager gratuitement sur la ligne A du réseau Sankéo, ce qui renforce l'attractivité des mobilités alternatives.
Rappelons que 53 % du public de l’USAP vient de Perpignan Méditerranée Métropole et 27% du reste du département. Un spectateur parcourt en moyenne 28 kilomètres pour se rendre au stade. Dans ces conditions, l’automobile restera difficile à remplacer totalement à court terme.
C’est précisément là que la solution « Navette et Parking-relais » joue son rôle de porte d’entrée vers l’écomobilité :
· elle accompagne les « autosolistes » sans bouleverser leurs habitudes,
· elle offre un service supplémentaire,
· elle crée un premier geste concret vers la décarbonation.
Une sorte de Cheval de Troie écologique, capable d’initier progressivement de nouveaux usages et de préparer le terrain à des solutions plus ambitieuses : vélos, transports collectifs renforcés, covoiturage, cheminements doux…
